(Vous allez me dire, ce sujet a un mois de retard. Et je vous répondrai, … que c’est vrai. Et puis voilà.)
20ans, c’était l’échappatoire à la presse niaise et la transition idéale entre les magazines féminins typiquement axés jeunesse tels que Jeune et Jolie, Girls… et des titres plus “adultes” (encore que, disons; revendiqués comme tel et en tous les cas ouvertement destinés à des femmes actives et non des adolescentes) et bien plus axés mode, conso, comme le rayon presse féminine en regorge – Biba, Cosmo, Glamour…
Pour beaucoup de jeunes femmes, à l’âge ou tranche d’âge un tant soit peu plus étalée que les fameux “20 ans”, le magazine en question représentait une rare concentration d’ironie, de second degré qui faisait sa force et s’opposait naturellement au ton trop policé, usité et parfois béat des autres titres. Enfin! Une revue qui ne s’extasiait pas devant la dernière starlette en vogue, n’affichait pas une cinquantaine de pages modes à prix inaccessibles par exemplaire, enfin un mag dont le lectorat avait compris que non, on ne pouvait pas tomber enceinte en s’embrassant, même avec la langue, et attendait autre chose que trente astuces pour soutirer une augmentation d’argent de poche à ses parents pour pouvoir aller acheter un paquet de cigarettes, ou des solutions pour faire garder bébé à la reprise post congé maternité.
Bref, une bonne dose de légèreté pour qui voulait se distraire et non se complaire dans le grotesque des pages Biactol et de leurs romans photos pubères à fleur de peau, et zapper la culpabilisation liée aux milliers de suppléments régime ou “fashion pour être parfaitement trendy”.

