Chose promise chose due …

10 Juin

… je vais vous parler de Cindy Sanders. Parce que c’est son grand retour sur nos ondes et nos écrans, et que cette pépite du paysage audiovisuel / médiatique français méritait bien que je lui consacre un vibrant plaidoyer.

Elle avait disparu de nos écrans, certes, mais tapie dans l’ombre après son flamboyant « papillon de lumière », n’en préparait que mieux son grand retour, à même de montrer que Cindy, ce n’était pas qu’un buzz. Mais bel et bien une valeur pérenne de la variété française, et avec laquelle il faudrait compter, désormais.

La vague de la grippe porcine aurait du vous mettre la puce à l’oreille, (copyright Missafrica), elle en profite pour se remettre à flot; et tant qu’à faire clouer le bec à ceux qui la croyaient déjà (re)enterrée au fin fond de sa Moselle. Cindy ne se laisse pas faire et veut prouver au monde entier de quoi elle est capable.


Qu’on se le tienne pour dit.

La gniaque, elle l’a toujours eue, et n’en déplaise à ses détracteurs, la diva veut prouver qu’elle existe, revendiquant haut et fort un talent à ses yeux si mésestimé.

Enfin! Je parle, je parle, mais peut être est il temps de vous montrer de quoi il est question… peut être ne faites vous pas partie, comme moi, des privilégiés qui ont pu découvrir ces images, ce nouveau clip!


Prêts?


Vous êtes surs?


(vous l’aurez voulu)


Décorticage analytique:

  • Le clip démarre avec l’intensité dramatique d’une séquence cinématographique, le nom de l’artiste s’affichant tel celui des acteurs principaux d’un long métrage, avant le titre « le Secret de Nous » (… nous y reviendrons… ).
  • Les feux d’une voiture, dans l’obscurité de la nuit.
  • 00 min 13: la voiture s’arrête, la musique démarre, avec une tonalité vive et émouvante. Un zoom sur la portière qui s’ouvre et le pied de cochon qui en sort. Esprit glamour, tendance Cannes, ouverture sur l’histoire qui s’annonce.
  • Des bordures noires, un digicode, un effet miroir qui double l’image et le plan sur les talons et le fond de legging de Cindy, et le manteau de fourrure.
  • 00 min 24: Cindy est rentrée à la maison. On a un contraste des lumières sur l’obscurité ambiante, puis un effet de flash du meilleur goût.
  • On retrouve Cindy allongée par terre. Défonce à l’héro qui a mal tourné? Agression d’une de ses victimes qui l’a laissée sur le carreau? Prélude de film pornographique? Position allongée sur les lattes du parquet, cheveux noirs de jais, fourrure et maquillage outrancier, tout y est.
  • Changement de plan, on retrouve « CS » lookée façon working girl, toute de chic vêtue, et négligemment avachie sur son canapé. Chemise blanche gigantesque pour masquer les rondeurs, noeud papillon défait pour le « détail qui tue », legging noir puisque Cindy a bien intégré la mode des adolescentes de l’an passé.
  • 00 min 30: Cindy a perdu son canapé. Drame.
  • Trente cinq secondes et une annonce cadrée serrée sur la nuance RnB du marché qui doit teinter l’oeuvre: cheveux plaqués à grand renfort de gel, boucles d’oreilles imposantes en plaqué, maquillage à la truelle façon actrice de série B allemande (connaissez vous « femmes de footballeur »?), dont bouche huileuse en coeur.
  • Séquence acrobatique! Cindy se tortille au sol et nous ensorcèle de ses regards de braise, cheveux épars, tellement glamour.
  • Poses lascives, esquisse légère d’un mouvement de danse.
  • Séquence « prostitué attendant ses clients ».
  • 00 min 55: Cindy tourne autour du poteau.
  • Mouvement de hausse du sourcil, qui interpelle.
  • Une minute, et balancé de cheveux, sec, avec une intonation vive de derrière un rideau de fils noirs: Cindy a regardé D & CO et a saisi la tendance baroque.
  • Apparition de deux enceintes géantes sur fond noir, et une silhouette qui se découpe entre les deux: on entre dans le vif du sujet! Gilet à sequins et paillettes, capuche sur la tête, ondulation des épaules, Cindy ne laisse rien au hasard et ne veut pas trahir ses trente cinq ans.
  • 1 min 24: Episode « je vois la lumière là haut ».
  • Quatre secondes ensuite, regard par en dessous, lancé du canapé (retrouvé), une Cindy qui s’auto prend dans ses bras.
  • 1 min 36: Cindy sait écrire. Ou alors, elle fait un coloriage. En tout cas, elle nous fait la démonstration de son âme d’artiste qui s’exprime.
  • Une ambiance de solitude froide, dans une maison et son décor moderne…
  • Roulade de jambon.
  • 2 min 10: Le passage « à la Scream ». Son propre titre en sonnerie de téléphone, ce que même Madonna ne doit pas oser (Cindy c’est Cindy, et ce que Cindy peut se permettre, tout le monde ne le peut pas). Instant d’angoisse, et des « allô, allô? » demeurant sans réponse: un suspense oppressant, qui semble n’avoir aucun sens.
  • CS EN DIAMANTS! A la manière des plus grands rappeurs US, Cindy affiche ses initiales en mastodontes étincelantes. Marquage d’une identité visuelle très forte.
  • 2 min 45: Le moment de la vocalise. Cindy veut montrer l’étendue de ses capacités vocales.
  • Cindy à quatre pattes. Cindy danse avec les bras, Cindy s’agite dans les fils (19euros chez Casa), Cindy fait brûler une lettre dans la cheminée.
  • Une vocalise finale stridente, une sorte d’apothéose.
  • Les lumières s’éteignent. Une à une.


Conclusion:

Du grand art. Alors qu’une amie me fait part de son constat, qu' »elle est encore plus moche en brune », j’objecte que justement, c’est ce qui, entre autres, fait la force, la force la force de elle (pardon, mais c’est trop bon). Bien, oui, quoi. Ce n’était tout de même pas facile, admettez.

Outre cela, je soulignerai le travail de parodie dont Cindy se fait désormais reine. Un renouveau dans l’humour français. Après tout, « CS » utilise ce qu’elle sait faire de mieux, elle a un talent et l’exploite à fond. Comme dans le film Scary Movie, Cindy déjoue les codes culturels en vigueur, tour à tour: pastiches de clips de R’n’B et leurs poses lascives, détournements cinématographiques lorsqu’on s’attend à entendre demander « quel est ton film d’horreur préféré? », caricature de film X, parodie de spot publicitaire Swiffer moquette.

Je terminerai en citant un internaute postant son enthousiasme parmi les commentaires Dailymotion: « j’ai du crever mes tympans! Ma survie en dépendait », et le film Quand j’étais chanteur: « les mecs qui deviennent ringards, c’est parce qu’ils durent ». Remarquons que Cindy aura réussi l’exploit de devenir ringarde avant même de durer.


A part ça, en magasin Bata il y a 20% de réduction sur le second produit acheté, ce qui tombe fort bien vu que j’ai repéré deux chaussures de la même paire qui m’intéressent au plus haut des points qui soient.

12 Réponses to “Chose promise chose due …”

  1. melusane 10 juin 2009 à 10:36 #

    Enorme ! Rien que le titre est une parodie…
    Bon je te propose un truc : Booba pour les paroles et Cindy pour la chorégraphie…ça peut cartonner !!!! ……ou pas !

    • lespagesdecarmel 11 juin 2009 à 7:23 #

      J’approuve ton post sur Booba, d’ailleurs! Et dès que j’en ai les moyens, quel que soit mon job, j’embauche CS et son mec (son coach, son manager, son producteur, Super Man de elle) comme directeurs artistiques. Tu as de l’imagination, toi!

  2. Missfrica 11 juin 2009 à 11:15 #

    MOUHAHAHAHAHHAA, ta note est ENORMISSIME, me suis vraiment trop marrée…
    Mais je pense que là où CS fait très fort, c’est qu’elle n’a pas encore appris les pronoms possessifs pour passer du « Secret de Nous » à « Notre Secret »… mais ca doit être de la poésie CSienne…

    • lespagesdecarmel 11 juin 2009 à 7:21 #

      Horrible, je n’avais même plus la force de parler des paroles et du titre oui !!! Déjà tellement de matière… Je regrette un peu, mais j’avais tellement à dire, je savais qu’il en resterait, fatalement…

  3. femmesweetfemme 12 juin 2009 à 6:37 #

    Je sais même pas sur quelle partie commenter tellement TOUT me parle. Ce billet est une pépite.

    • lespagesdecarmel 14 juin 2009 à 8:20 #

      C’est trop d’honneur! Je vois à la lecture de ton blog que tu as également beaucoup d’affection pour CS.

  4. femmesweetfemme 14 juin 2009 à 12:01 #

    Cindy, c’est ma passion dans la vie.

    • lespagesdecarmel 15 juin 2009 à 8:50 #

      Si je puis me permettre… Je dirais tout simplement que Cindy, c’est LA passion.

  5. Aud 16 juillet 2009 à 10:09 #

    Papilllon de lumièèère….sous le projecteuuurs!
    CS est une perle…et ton article excellent!
    Quelle grosse marrade^^

    • lespagesdecarmel 17 juillet 2009 à 1:02 #

      Merci.🙂
      Ca me tient à coeur de donner une caution culturelle à mon blog.

  6. Pomme 17 juillet 2009 à 11:24 #

    C’est fin, ça se lit sans fin ! et c’est plus objectif que les critiques du jury de Nouvelle Star ! Pauvre CS…

  7. lespagesdecarmel 22 juillet 2009 à 11:33 #

    Pauvre CS, je ne sais pas, cela dit. On dirait plutôt que la madame manque royalement de recul et se gargarise totalement de la petite notoriété dont elle bénéficie… Persuadée de pouvoir TOUS nous écraser de crédibilité! muhaha.

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